Quand Grems fait danser le trait

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Michaël Eveno est plus connu sous le nom de Grems, un pseudo à peine justifié tellement le mec est “large”. Rappeur, graffeur et designer, c’est un artiste complet, ultraproductif et soucieux du détail, il a développé son propre univers depuis une bonne dizaine d’années. Je l’ai découvert par la musique en 2005 avec le projet “Rouge à lèvres” puis pris une claque avec “Airmax” l’année suivante, depuis il a signé 7 albums solos, je ne compte plus les collabs et revient en force cette année avec son groupe Hustla. Visuellement parlant, c’est la même, il jongle entre productions persos et travaux collectifs, vous avez surement déjà croisé son taff sur une grosse pub dans le métro, un encart dans le journal ou carrément sur un casque audio, voir même de la bagagerie.

Ses influences n’ont pas de frontières et sa détermination fonce à contre-courant. Il se définie comme un gitan tellement son art est apatride, mais je le comparerai plus à un super-héro (a.k.a. Super Micro) tellement ils sont nombreux dans sa tête. Ce n’est pas une histoire de schizophrénie, mais seulement d’énergie, le mec a trois cerveaux, huit cœurs, dix bras et son poids en billets de trains. Lorsque l’on s’est croisé à Bruxelles, il m’expliquait qu’une bonne semaine, outre les dizaines d’heures pour honorer les commandes d’illustrations, c’est poser au moins 16 mesures et un bon graff, rien que ça.

Le dessin et la peinture, c’est son péché mignon, le truc qu’il peut pas s’empêcher de soigner depuis qu’il est enfant. Il a beau avoir parcouru la planète avec ses expos, ça faisait quelques années qu’on ne l’avait pas revu en galerie. Heureux de le voir poser sa fusée à Paris en cette fin d’année, il s’installe à l’espace Oppidum et nous livre quelques météorites tombées de sa planète.

Intitulée “Johnny Clegg”, cette expo nous rappelle qu’on a affaire à un zoulou blanc. On y croise des signes primitifs, des couleurs vives ou primaires, de la céramique, un tapis… tous ont en commun un trait spontané, impulsif et maitrisé. La richesse de son vocabulaire graphique s’étale sur différents supports, les formats sont variés et l’ensemble fout une belle giffle autant qu’il régale les yeux. Certes beaucoup de spray et d’acrylique, mais finalement rien à voir avec l’autoroute du street-art, Grems nous emmène sur des chemins plus sauvages, loin de la zone de confort, le genre de parcours escarpés qui se savoure pieds nus.

Puisqu’il est versatile, il y présente en exclu sa nouvelle marque CAAPS: vestes, t-shirts, casquettes, disques et bonnets (caapscorp.com). Venez régaler vos yeux et relativiser l’utilité des frontières à la galerie Anyway (Espace Oppidum) dans le troisième arrondissement avant la fin de l’année.

Stay in the gipsy Mood !!

*Article publié pour inthemood.tv


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